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Vouloir toucher les étoiles – Mike Horn

Il y a des hommes dont les rêves dépassent les sommets de l’Himalaya. Des hommes qui repoussent sans cesse leurs limites, non par orgueil, mais simplement pour vivre plus intensément. Des hommes dont les exploits sont étourdissants.

Mike Horn est de ceux-là.

Vous avez peut-être déjà croisé son visage dans les médias. Au fil des ans sa notoriété a grandi, tant ce qu’il a accompli ne pouvait passer inaperçu. Et si j’use et abuse des superlatifs, c’est que je suis restée époustouflée par son dernier livre « Vouloir toucher les étoiles ».

L’aventurier nous y raconte son dernier pari (par « dernier », j’entends « le dernier en date » : nul doute qu’il y en aura d’autres !) : enchaîner quatre 8000 sans cordes et sans oxygène. 8000 ? C’est ainsi qu’il nomme les sommets de plus de huit mille mètres d’altitude. Les pics de l’Himalaya ne se laissent pas facilement approcher et rares sont les élus qui parviennent sur le toit du monde. Avalanches, crevasses, chutes de pierre, froid mortel, manque de pression et d’oxygène, folie des hommes ; le danger est à chaque pas. L’auteur est alpiniste débutant (c’est lui qui le dit) mais ne manque pas de ressources. Il puise dans son expérience unique de la nature, des éléments et de son propre corps. Il grimpe. Il regarde le ciel. Et puis il redescend.

« C’est ma règle de vie désormais : partir pour revenir. »

Redescendre, rentrer vivant, retrouver les siens : il n’y a pas d’autre option ! Avez-vous une idée du nombre d’aventuriers, parfois malchanceux, parfois inconscients qui, chaque année, vont au bout de leur passion et ne reviennent jamais ?

« La présence de la mort renforce le goût de la vie. »

Entre deux chapitres de haute montagne, Mike Horn retrace son enfance, son parcours hors du commun et ses débuts en tant que spécialiste de l’extrême. Une histoire passionnante et touchante. Plus qu’un récit de vie, c’est une philosophie qu’il nous livre.

« Partir à l’extérieur, le plus loin possible, au-delà du mur, pour m’enrichir de l’intérieur, voilà qui donne un sens profond à mon existence. »

Quelques phrases simples et sans fioritures. Des principes de vie authentiques et inspirants.

« Chaque pas devient pénible mais on le réalise avec le seul plaisir de se surpasser. On apprend à aimer les choses que l’on trouve difficiles. »

« Le seul moteur, c’est la volonté. Une volonté tenace, granitique, absolue. »

Au fil des kilomètres marchés, nagés ou escaladés, l’homme a pris conscience de la fragilité de la nature. Ses voyages ont trouvé un autre but : transmettre aux générations futures. Leur léguer une terre saine et l’envie de la préserver. Ni grands discours ni vaine culpabilisation : Mike Horn emmène les jeunes aux quatre coins de la planète pour leur montrer plutôt que théoriser. A n’en pas douter, une méthode plus efficace que bien des promesses politiques !

« Les dangers de la nature ne sont rien comparés aux dangers humains. »

Dans l’interview suivante, vous l’entendrez parler de ses défis et ses motivations : Interview Mike Horn

Difficulté de lecture : *

Ce livre est pour vous si :

  • Vous aimez l’aventure et le dépassement de soi
  • Vous aimez les histoires de haute montagne, vous voulez en savoir plus sur les dangereux records d’alpinisme
  • Vous voulez voyager, respirer l’air frais et prendre un bon bain de nature

Le petit plus : envie de rentrer, mais pas tout de suite ? Vous pouvez réembarquer pour « Latitude zéro » (son tour du monde le long de la ligne d’équateur, en solo et non motorisé), ou « Conquérant de l’impossible » (son tour du cercle polaire arctique). Entre autres ! http://www.mikehorn.com/

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Paru chez XO Editions, 2015

ISBN : 978-2-266-27351-0 (Pocket)

251 pages

Inclus un cahier photos

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Longue marche – Bernard Ollivier

  • Traverser l’Anatolie – Tome 1
  • Vers Samarcande – Tome 2
  • Le vent des steppes – Tome 3

Je profite de cet intermède « aventures » pour vous parler de la longue marche entreprise par Bernard Ollivier il y a quelques années. Tellement longue qu’elle se déroule en trois tomes. Ces livres, je ne les ai pas lus, je les ai dévorés !

L’homme a déjà la soixantaine et entame sa retraite lorsqu’il décide de parcourir, seul et à pied, la mythique route de la soie, d’un bout à l’autre de l’Asie, d’Istanbul à Xian, en Chine. Il vient déjà d’arpenter le chemin de Compostelle et ne compte pas s’arrêter là : il veut aller à la rencontre « des hommes et des civilisations ».

« Et quel chemin est plus inspiré, ardent, porteur d’histoire, que la route de la Soie ? »

12 000 kilomètres sur quatre étés. Les pauses de l’hiver lui permettent de retrouver les siens… et panser ses blessures.

Bernard Ollivier traverse des pays à la fois dangereux et accueillants. Des pays méconnus dont les Occidentaux ignorent tout des coutumes et de l’histoire. Turquie, Iran, Türkmenistan, Ouzbekistan, Chine. Des pays tout aussi inquiétants qu’attirants.

Il repousse ses limites, les pieds abîmés et cloqués, souvent accablé de chaleur, parfois malade ou envahi de solitude. Il affronte les chiens sauvages et les déserts. Il balaie toute l’étendue des comportements humains : violence, trahison, cupidité, suspicion, indifférence, jusqu’à la générosité la plus désintéressée. Il rencontre des hommes et des femmes simples, attentifs et curieux, le cœur sur la main. C’est aussi l’âme humaine qu’il explore au fil des kilomètres.

La marche agit sur l’auteur comme une thérapie. Au seuil de la retraite, il aborde le dernier pan de sa vie et a toujours soif de découverte.

« Ceux qui veulent mourir dans leur lit et ne s’en éloignent jamais sont déjà morts. »

Ce long cheminement lui permet de rêver et s’interroger. Tel un Mike Horn plus tranquille mais tout aussi déterminé, il va de l’avant, avec lenteur, et se perd hors des sentiers balisés de la vie moderne.

« Le voyage à pied, solitaire, place l’homme face à lui-même (…) Les pèlerins se considèrent presque toujours changés après une très longue marche. C’est qu’ils y ont rencontré une part d’eux-mêmes qu’ils n’auraient sans doute jamais découverte sans ce long face-à-face. »

Ce moment de réflexion unique et précieux, il veut en faire profiter aux adolescents en perdition. En 2000, Bernard Ollivier crée l’association Seuil, qui aide de jeunes délinquants à retrouver leur équilibre après « une longue marche » de quatre mois en pays étranger. Les droits d’auteur des trois livres permettent de financer le projet (http://assoseuil.org/)

Là encore, cette philosophie du dépassement de soi trouve son but ultime, la transmission aux générations suivantes.

Difficulté de lecture : **

Ce livre est pour vous si :

  • Vous voulez marcher, savourer et souffrir avec l’auteur, sur les traces de Marco Polo
  • Vous aimez l’aventure
  • Vous aimez l’histoire et les cultures

Le petit plus : l’auteur s’est beaucoup documenté sur les pays traversés. Les livres sont parsemés d’anecdotes et d’informations historiques et géographiques. Sans jamais susciter l’ennui. La trilogie est une merveilleuse manière d’en apprendre un peu plus sur la route mythique, origine de tant de légendes et de fantasmes. Le dernier volume mentionne la bibliographie recommandée par Bernard Ollivier.

Autre petit plus : comment, vous n’avez toujours pas envie de rentrer ? Vous voulez poursuivre le voyage ? Un petit cadeau : un quatrième volume, écrit dix ans plus tard, « Longue marche, suite et fin » C’est un défi supplémentaire que l’auteur a relevé : puisque sa marche initiale avait commencé en Turquie, il fallait qu’il la complète. Par 3000 kilomètres de plus, de Lyon à Istanbul !

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1°) Traverser l’Anatolie

ISBN : 978-2-7529-0078-4 – Editions Phébus, 2000 – 320 pages

2°) Vers Samarcande

ISBN : 978-2-7529-0079-1 – Editions Phébus, 2001 – 309 pages

3°) Le vent des steppes

ISBN : 978-2-7529-0080-7 – Editions Phébus, 2003 – 348 pages

4°) Longue marche, suite et fin

ISBN : 978-2-7529-1069-1 – Editions Phébus, 2016 – 265 pages

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