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Les 7 lois du changement – Maxime Coignard

Maxime Coignard a réussi ce dont rêvent nombre d’entre nous : il a tout changé pour vivre de sa passion, en harmonie avec ses valeurs profondes. Il était dirigeant, homme d’affaires ; il est devenu coach professionnel. Dans Les 7 lois du changements, il nous livre aujourd’hui les stratégies qui l’ont aidé à modifier son destin et celui de toutes les personnes qu’il a accompagnées depuis.

« J’aime aider les autres à suivre leurs voies. »

Des conseils basés sur l’expérience

Voici un livre de développement personnel plutôt utile.
Je pèse mes mots. Vous avez sans doute déjà lu ces articles ou ces ouvrages vous promettant les clés du bonheur grâce à quelques principes lapidaires trop simples ou trop bizarres, trop théoriques ou trop flous. Peut-être en avez-vous assez de ces gourous qui s’érigent en donneurs de leçons sans apparente légitimité ?
L’intérêt majeur des 7 lois du changement réside dans le fait que l’auteur puise largement dans son expérience de coach pour illustrer ses propos. Les pages sont émaillées d’exemples concrets et d’exercices rapides pour aider le lecteur à saisir le concept, et surtout imaginer comment l’appliquer à sa propre vie.

Des portraits inspirants

Chaque chapitre se termine en outre par deux portraits croisés : le premier d’un anonyme que l’auteur a aidé et coaché ; le second d’une femme ou un homme célèbre, ayant chacune et chacun à sa manière, maîtrisé le changement ou surmonté l’adversité. Un bon exemple valant toujours mieux qu’une longue démonstration, ces portraits sont très instructifs pour qui s’intéresse au développement personnel.

Ce que j’ai retenu du livre ?

Maxime Coignard décrit sept situations, sept états « que chacun de nous a vécu ou va vivre » : la peur, le rêve, l’intuition, l’émotion, l’égo, le rapport aux autres, le chaos. Certaines clés reviennent au fil des pages, que l’on devine, que l’on sait être primordiales : être et agir en phase avec ses valeurs profondes ; accepter et utiliser ce qui se présente de façon positive, qu’il s’agisse des échecs, des émotions ou de l’inattendu ; ne pas se brider pour de mauvaises raisons ; vivre l’instant présent.

Je terminerai par ce proverbe chinois, cité par l’auteur et qui, selon moi, synthétise parfaitement Les 7 lois du changement :

« Il ne faut pas craindre d’avancer lentement, mais seulement de rester immobile. »

Difficulté de lecture : **

Ce livre est pour vous si :

  • Vous recherchez un livre de développement personnel clair et concret ;
  • Vous trouvez que les grandes théories ne valent généralement que par l’expérience de leurs auteurs ;
  • Vous avez envie de changer quelque chose dans votre vie, pour votre bien et celui de votre entourage !

Les petits plus :

La couverture aux couleurs acidulées ; les chapitres bien délimités (donc facilement accessibles) par les encarts gris des portraits croisés ; la bibliographie, pour ceux qui souhaitent approfondir ; la conclusion de l’auteur, toute en bienveillance.

***

Les 7 lois du changement – Maxime Coignard
Editions Marabout, 2017
ISBN : 978-2-501-12407-2
224 pages
Littérature française

Mon rêve d’or et de neige – Martin Fourcade


Ceux qui me connaissent savent que cet article n’est pas objectif. Ils souriront sans doute à sa lecture. J’ai toujours eu une grande admiration pour les femmes et les hommes d’exception, d’hier et d’aujourd’hui.

A l’heure où j’écris cet article, le sportif Martin Fourcade vient de remporter sa deuxième médaille d’or aux Jeux Olympiques de Pyeongchang, trophée complétant un palmarès déjà plus qu’impressionnant. Il est le Français le plus titré aux Jeux Olympiques d’hiver, notre meilleur bi-athlète, malgré d’illustres prédécesseurs (vous avez peut-être déjà entendu parler de Raphaël Poirée).

Le biathlon ? C’est cette discipline improbable qui allie ski de fond et tir à la carabine. Pour résumer, il s’agit de parcourir des kilomètres à ski (et je ne parle pas de jolies descentes ni de promenades de santé) puis de calmer les battements de son cœur pour tirer et atteindre une cible aussi lointaine que minuscule. Il faut être à la fois endurant, capable d’efforts violents, adroit et maître de soi. Je suis fatiguée rien que d’y penser.

Martin Fourcade a la passion du sport et de la performance. Il aime gagner. Il s’en donne les moyens. Son livre « Mon rêve d’or et de neige » est sorti avant le début des Jeux 2018. Même s’il n’avait déjà plus rien à prouver, parler publiquement de son expérience et de son état d’esprit juste avant la plus belle compétition est sans doute une autre manière de jouer. Il joue, il gagne. Encore !

Pourquoi lire ce livre si on n’aime ni le sport ni les célébrités ? Justement pour cet état d’esprit. Inspirant dans une France qui trop souvent se laisse aller au défaitisme.

« Je ne rêve pas de collectionner les titres, mais je veux gagner chaque fois que je m’aligne au départ. »

Nulle arrogance entre ces lignes. D’ailleurs, vous pouvez chercher, vous n’y trouverez pas la liste des titres et médailles de Martin Fourcade. Là n’est pas le message.

L’homme retrace son parcours, ses doutes et ses espoirs. Des premières glisses aux exploits répétés, il explore les raisons qui le conduisent à se dépasser sans cesse, se relever des déceptions et brandir un poing tantôt triomphant, tantôt rageur. Car rien de grand ne s’accomplit sans douleur. Les désillusions et les échecs sont formateurs. La passion est un formidable moteur. L’un des secrets réside dans le changement et l’amélioration constante, ne jamais rien prendre pour acquis. Tout le monde le sait, mais combien l’appliquent ? Ce livre est un petit « concentré de développement personnel ».

« Ils ne sont pas nombreux, ceux qui ont passé autant de temps que moi à s’exercer ainsi. »

Ces pages sont également un plaidoyer pour le biathlon (puissent-elles inspirer la jeunesse et l’inciter à glisser dans les traces de Martin Fourcade) et le sport en général. Quelques lignes à propos du dopage, que l’athlète condamne sans appel. Ce n’est pas la première fois qu’il s’exprime à ce sujet ; il est connu pour son aversion vis-à-vis de telles pratiques.

Et l’écriture dans tout ça ?

Vous pensez sans doute que le sportif n’est pas celui qui a tenu la plume. Détrompez-vous. C’est bien son désir et son besoin d’écrire qui sont à l’origine du livre. Martin Fourcade nous explique avoir pris l’habitude de noter ses souvenirs et ses émotions après chaque compétition :

« Je voulais conserver le goût exact du moment, qu’il soit doux ou amer. Figer cette saveur pour ne jamais l’oublier. »

Ecrire, sauvegarder, transmettre. Quand je vous disais que cet homme-là était exceptionnel !

Difficulté de lecture : *

Ce livre est pour vous si :

  • Vous avez déjà vibré devant les exploits de Martin Fourcade et ses comparses (allumez la télé ou rendez-vous sur les sites de biathlon, laissez-vous prendre par l’ambiance et gagner par le suspense. Scrutez la photo finish pour deviner qui sera en or, qui récoltera l’argent, pour seulement quelques centimètres, quelques millisecondes en moins ou en trop ! Emotions fortes garanties !)
  • Vous aimez respirer l’air doux des montagnes et le parfum plus corsé de la compétition
  • Vous voulez en savoir plus sur ce sport passionnant dont les règles sont évoquées brièvement dans l’annexe du livre

Le petit plus : la préface est écrite par Tony Estanguet, autre sportif, triple champion du monde, triple champion olympique en canoë. Voilà qui ajoute un certain crédit au livre…

Deuxième petit plus : le dessin d’une cible de biathlon, grandeur nature. Posez-le à 50m, chaussez vos lunettes et vous commencerez à réaliser l’incroyable performance !

Troisième petit plus : les photos des pages centrales, émaillées de bleu, blanc, rouge, d’or et de neige.

Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études – Olivier Roland

Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études – Olivier Roland


Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études

Olivier Roland

Les études… Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas raté les miennes. J’étais même très à l’aise dans le système scolaire traditionnel. Une bonne élève du premier rang, ennuyeuse, qui agace ou au mieux indiffère. Qu’ai-je retiré de ces études ? La faculté de lire et écrire. Certaines connaissances académiques. Une pensée scientifique. Le fait que certaines portes s’ouvrent plus facilement.

Alors pourquoi lire ce livre ?

D’abord parce que je n’ai jamais pensé que des études réussies étaient la garantie d’une vie accomplie, ni même d’une carrière professionnelle brillante. Les études ne valent finalement que par ce que l’on en fait.

D’ailleurs, toutes ces années dans les salles de classe ne m’ont pas vraiment aidée lorsqu’il a fallu parler en public, m’adapter à des interlocuteurs hostiles, faire preuve de créativité ou prendre des risques. Dans ces domaines, rien ne vaut l’expérience, et je découvre encore chaque jour.

Et puis il faut bien dire qu’Olivier Roland est un exemple flamboyant de réussite moderne, type self-made-man dans un environnement ultra connecté, qui change en permanence, et chaque jour un peu plus rapidement que la veille. A tel point que les quadras dans mon genre peuvent vite se sentir dépassés.

Mais qui donc est cet Olivier Roland ?

Vous aurez probablement croisé son nom si vous vous intéressez au développement personnel. Avec son blog « Des livres pour changer de vie », l’auteur a exploré ce qui se fait de mieux dans le domaine. Il a tout lu, et surtout beaucoup mis en pratique.

Retour sur son parcours : il quitte l’école à 18 ans, sans même le bac en poche, et depuis, ne cesse d’apprendre. Par les livres et par l’expérimentation. Il monte une première activité d’assistance informatique, se noie dans le travail et les erreurs. Malgré tout, il progresse. Il démarre le blog mentionné plus haut, y offrant les résumés des meilleures techniques de développement personnel. Il se bâtit une audience et passe à la vitesse supérieure, proposant une formation pour aider les entrepreneurs en herbe à développer leur activité sur Internet. Aujourd’hui, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Blogs, chaîne YouTube, formations, coaching, best-seller, les réussites se multiplient. Olivier Roland lit, écrit et transmet. Avec succès et efficacité.

Que peut-on donc trouver dans son livre ?

Ce gros pavé de plus de 500 pages se compose de deux sections.

Partie I : Apprendre en s’amusant ou comment s’éduquer efficacement au XXIe siècle

Les 217 premières pages constituent un condensé de toutes les lectures de l’auteur en développement personnel, enrichi de ce qu’il en a retiré et de conseils pratiques fort judicieux. Cette partie-là vaut à elle seule le prix du livre.

Que vous soyez ou non convaincu par les méthodes décrites, il est intéressant de les découvrir et jeter un œil nouveau sur le monde qui nous entoure.

Vous serez sans doute troublé par la critique que fait le jeune entrepreneur du système d’éducation traditionnel : il a, selon lui, « été conçu dans le but de former des ouvriers agricoles et industriels dociles », profils utiles au XIXe siècle mais bien peu adaptés à l’ère moderne.

Vous vous demanderez si vous maîtrisez les savoirs et savoir-faire indispensables à notre époque : informatique, langues étrangères, finances, faculté d’apprendre par soi-même, et ce, tout au long de la vie. Gloups ! Ici j’ai commencé à voir l’étendue de mes lacunes !

Vous aurez peut-être très envie de tester l’une ou l’autre des techniques évoquées, des jeux de mémoire aux systèmes d’organisation ou d’apprentissage. Et si ça marchait ?

Partie II : Créer son entreprise et devenir libre

Devenir et rester libre est la principale motivation d’Olivier Roland. Pas question de se laisser enfermer dans un « métro, boulot, dodo » infernal ou de rejoindre la « course des rats » (cette compétition sans fin pour obtenir un job brillant qui n’apporte qu’une satisfaction toute matérielle et relative). Pas question de se retrouver prisonnier de « pantoufles de ciment » (entendez par là le fait de se bâtir une vie confortable et sans saveur, dont on ne peut plus se sortir en raison d’obligations financières que l’on s’est soi-même créées !) Il faut donc entreprendre. Mais pas à n’importe quel prix.

« Je suis un entrepreneur dont l’entreprise est au service de ma vie »

Selon Olivier Roland, son activité lui permet aujourd’hui de ne travailler que quelques heures par semaine, de voyager et poser son bureau sur n’importe quelle plage du globe. Si vous lisez le livre ou vous promenez sur les blogs de l’auteur, vous verrez que cela n’est pas tout à fait exact.

En réalité, le jeune entrepreneur semble être un bourreau de travail ! En témoigne cet ouvrage qui recense toutes ses expériences menées à un train d’enfer. Non content d’avoir développé une activité florissante sur Internet, d’avoir écrit 500 pages vouées à briller longtemps sur les étagères des librairies, Olivier Roland fait une apparition dans de nombreuses conférences liées au développement personnel, il apprend le portugais et pense sérieusement à se lancer sur le marché anglo-saxon. Et que sais-je encore ?

La vérité est qu’il travaille beaucoup, mais que ça lui plaît, qu’il le fait quand, comme et où il veut. Alléchant, pas vrai ?

La deuxième partie du livre dévoile toutes les techniques mises en pratique pour en arriver à ce résultat, notamment celles du marketing lié au monde du web. D’ailleurs, l’auteur les utilise avec succès pour la promotion même de son ouvrage.

Quelques exemples : il a fait participer sa communauté de fans à son élaboration, organisant un vote collectif pour en choisir la couverture. Il a annoncé le lancement des semaines auparavant et organisé la publicité sur les réseaux sociaux. L’effet fut tel qu’Amazon(*) a eu quelques difficultés à livrer les premiers jours tant la demande était grande. En quelques mois, les ventes ont dépassé les 35 000 exemplaires, et ce n’est pas la fin.

(*) Je précise que l’auteur fait également la promotion des librairies indépendantes. Au moment du lancement, il offrait un bonus substantiel à toute personne achetant son livre dans une librairie physique, preuve d’achat à l’appui.

Ensuite, le livre fait partie d’un véritable écosystème. Dès la première page, on vous annonce que vous trouverez une formation gratuite, des ressources supplémentaires et un chapitre manquant en cliquant vers le site d’Olivier Roland. Vous résisterez sans doute à cette première incitation. Mais probablement pas aux suivantes. C’est de la manipulation ? Oui ! De la manipulation bienveillante. Car le voyage vers les blogs de l’auteur est plus qu’intéressant et reste entièrement gratuit.

D’ailleurs, c’est par ici : https://olivier-roland.com/, et là aussi : https://des-livres-pour-changer-de-vie.com/. Entre autres.

Le fait est qu’Olivier Roland a testé tout ce qu’il décrit et que cela a parfaitement fonctionné pour lui.

Pour lui, d’accord, mais pour les autres ?

Je me suis posé la même question. L’auteur a un profil bien différent du mien. Que se passe-t-il quand la naïve fougue de la jeunesse marque le pas sur la sagesse de l’âge ?

On se dit que tout le monde ne peut pas ainsi courir le globe avec un ordinateur et un i-phone. Que nous aurons toujours besoin d’entreprises traditionnelles, de médecins ou de boulangers ! Que tout cela ne vaut que si l’on est né du côté occidental de la barrière. Qu’on ne peut pas tous avoir cet esprit entrepreneurial, ni l’envie de se surpasser à chaque seconde. Possible ! Je sais déjà que les sept minutes quotidiennes de sport intensif préconisées pour garder la forme sans perdre son temps ne sont pas pour moi !

N’empêche. Le livre vaut le détour.

« Soyez sceptique en lisant ce livre. Mais soyez sceptique de la bonne façon. En testant pour déterminer ce qui fonctionne pour vous. »

De quoi donner de l’espoir à toute personne courageuse se sentant mal à l’aise dans le système actuel…

Difficulté de lecture : **

Ce livre est pour vous si :

  • Vous êtes curieux et ouvert d’esprit
  • Vous voulez découvrir cette autre dimension qu’est le monde du web, cet univers parallèle dans lequel gravitent quelques surdoués et où les possibilités semblent infinies
  • Vous avez une âme de « rebelle intelligent » (c’est ainsi qu’Olivier Roland désigne les entrepreneurs qu’il accompagne)

Le petit plus : la multitude de liens menant aux résumés d’études scientifiques (vous n’êtes pas obligé d’y croire, mais vous avez l’occasion d’y réfléchir), les nombreuses références à de célèbres entrepreneurs, leur histoire, leurs échecs, leurs reconversions, leurs succès. Passionnant.

***

Paru aux éditions Alisio, 2016

ISBN : 979-10-92928-22-8

518 pages

Littérature française

Le réflexe créatif – Twyla Tharp


La créativité est un concept en vogue. Etre créatif est devenu une qualité, on parle du fantaisiste cerveau droit, par opposition à la rigueur de son gauche homologue. C’est un peu le grand fourre-tout de nos envies non abouties et de notre soif d’autre chose.

Mais que veut réellement dire ce mot magique ? C’est le thème que fouille Twyla Tharp dans son « réflexe créatif, l’acquérir et l’utiliser au quotidien ». Depuis 40 ans, cette chorégraphe de renom imagine et met en scène des spectacles de danse en créant, « à partir de rien, quelque chose d’à la fois grand et satisfaisant ».

C’est d’ailleurs sur cette notion d’espace vide ou de page blanche que s’ouvre cette synthèse de son expérience. L’auteur commence par nous décomplexer : « le talent n’est pas inné ». Elle nous enseigne comment mettre en place de bonnes habitudes et des routines pour faire de la créativité un réflexe. C’est alors que parfois le miracle se produit : le travail se frotte à la passion et l’étincelle de génie apparaît.

Dans la suite de l’ouvrage, Twyla Tharp nous donne des pistes pour développer ce fameux réflexe créatif. Elle multiplie les exemples, tentant chaque fois que possible de sortir de la danse, son domaine de prédilection. Le tout est de faire comprendre le principe, charge à chacun de l’ajuster à ses propres activités, de prendre, adapter ce qui est utile à sa personnalité, et de laisser le reste. Chaque chapitre se termine par quelques exercices à tenter et répéter, tel un musicien faisant ses gammes ou un sportif échauffant ses muscles. L’entraînement permet d’être prêt et faire en sorte qu’une touche, voire une bonne dose de créativité se niche dans chacune de nos réalisations.

Voici certains de ces conseils et exercices que j’ai trouvé intéressants notamment pour le domaine de l’écriture.

La première chose est de se créer des rituels. Pour un écrivain, il pourrait s’agir de la séquence suivante : se lever aux aurores, marcher pour s’aérer, se préparer un café et installer son chat sur la chaise d’à côté… Répéter chaque jour les mêmes gestes (soigneusement choisis, ceux qui nous plaisent et nous mettent dans le bon état d’esprit) permet de conditionner le cerveau et lui envoyer un signal : l’heure est venue de créer !

Le tout premier exercice conseillé par l’auteur me plaît beaucoup et je le pratique déjà : se choisir un stylo (ça peut aussi être un smartphone ou le fameux nuage virtuel) et le garder sur soi afin de capturer les belles idées qui passent et souvent disparaissent trop vite ! Il faut également savoir affronter ses peurs : les identifier et les noter aide à les désamorcer. Un autre conseil, que tous les accros à Facebook connaissent bien : pour laisser libre cours à sa créativité, il est important de couper les distractions ! C’est l’exercice de « la semaine sans ».

Tout cela paraît un peu simpliste, mais c’est un début qu’il n’est pas inutile de rappeler.

« Voilà à quoi servent avant tout les rituels de préparation : ils nous arment de courage comme de confiance en nous. »

La suite est plus complexe. L’auteur nous dit l’importance de se connaître et nous propose de répondre à 33 questions pour mieux cerner notre « ADN créatif ». Elle nous incite à travailler les différents types de mémoires (celle des souvenirs, des émotions, des perceptions, la mémoire de ce qui a déjà été fait). Elle nous conseille de développer notre propre système de rangement pour mieux classer les idées issues de l’inévitable travail de préparation d’un projet. Cette boîte à archives (ou cette pochette, ou ce fichier, réel ou virtuel) devient « le dépositaire de votre potentiel de créativité ».

Puis vient le moment du « grattage »… Gratter la surface des choses pour en sortir les petites inspirations qui donneront les grandes idées. Il s’agit de lire, sortir, écouter, visiter, contempler, examiner. Partez en expédition « avec la ferme intention de revenir en ayant appris quelque chose au passage ». Allez au musée, en forêt, dans un hall de gare, à la bibliothèque, au centre commercial, au commissariat, à la ferme… Tout dépend de votre objectif. Les possibilités sont infinies.

« Les idées existent partout autour de vous. »

Twyla Tharp poursuit et passe en revue les grandes caractéristiques et les aléas d’un projet créatif :

  • Les imprévus, souvent eux-mêmes sources d’inspiration. La chance qu’il faut savoir reconnaître et accueillir. Les erreurs qui font avancer. Les limites de temps ou d’argent : « à ceux qu’ils souhaitent anéantir, les dieux offrent des ressources illimitées. » L’auteur nous incite à nous mettre dans l’inconfort, nous rebeller, faire l’inverse de ce qui est habituel, générer de la friction. Car, dit-elle, « la créativité est un défi. Vous remettez en cause le statu quo, les principes et les vérités établies. »
  • La quête de la colonne vertébrale du projet en question et les éventuels thèmes sous-jacents. C’est le fil rouge, la structure qui permet de ne pas se perdre en chemin.
  • Les compétences qui permettent de maîtriser « à la perfection les savoir-faire de base du métier pour que la créativité s’élève sur des fondations solides. » La chorégraphe nous recommande de travailler nos forces, mais aussi nos faiblesses, d’alterner les genres pour progresser sans cesse. Listez vos compétences, choisissez-en une et imaginez ce que vous feriez si vous en étiez privé.
  • Les périodes ultra-créatives (que l’auteur appelle sillons) et les phases de creux (les tranchées). Pour éviter les pannes d’inspiration, un exercice tout simple : « construire une passerelle vers le lendemain », ainsi que le faisait Hemingway. Le principe est de terminer sa journée sans en avoir épuisé toutes les idées, ce qui laisse une piste pour redémarrer du bon pied le lendemain.
  • Les échecs. Est-il encore besoin de répéter à quel point ceux-ci peuvent être formateurs ?

Enfin Twyla Tharp termine sur un dernier conseil : ne pas croire que créativité rime avec jeunesse. Il est important de « tenir sur la durée ». Ce que l’on perd en énergie ou en effervescence, on le gagne en sagesse et en expérience. Et si l’on parvient à nourrir sa créativité, il est possible d’atteindre la maîtrise, « but ultime de tout artiste » :

« Quand vous arrivez à faire surgir la beauté et le merveilleux de la pierre d’angle qui avait été rejetée, vous avez atteint la maîtrise ».

Cet article n’est qu’un bref résumé et ne saurait remplacer la découverte des astuces et exemples proposés par l’auteur. Selon votre domaine d’activité, certains exercices vous paraîtront sans doute un peu ridicules et inutiles. Mais c’est là sans doute que réside tout l’intérêt de la démarche : découvrir et tenter de nouvelles expériences pour s’ouvrir de nouveaux horizons.

Twyla Tharp est une passionnée, exerçant son métier sans compter. Il y a dans son recueil quelques principes de vie qui dépassent largement le domaine artistique : la discipline, la curiosité, l’humilité, la persévérance, la façon d’aborder les relations humaines. Que vous adhériez ou pas à la philosophie qui y est déployée, le livre mérite sa place au rayon du développement personnel.

Difficulté de lecture : **

Ce livre est pour vous si :

  • Vous êtes en panne d’inspiration ou craignez la feuille blanche
  • Vous avez envie de sortir des sentiers battus
  • Vous aimez expérimenter

Le petit plus : la mise en page originale et colorée (on y parle quand même de créativité !) J’aime particulièrement les pages rouges indiquant le début de chaque chapitre. Elles permettent de se repérer facilement et visualiser la composition du livre ! Un exemple à suivre…

Autre petit plus : la découverte du monde de la danse et du métier de chorégraphe. Personnellement, je n’y connaissais rien. La créativité pour moi évoquait surtout les domaines évidents de la peinture, la sculpture ou l’écriture. Je ne m’étais jamais interrogée sur la créativité du mouvement et l’inspiration qui invente de nouveaux pas de danse. Twyla Tharp a pointé l’une de mes lacunes :

« J’espère simplement que vous avez déjà assisté à un ballet et que vous avez pu voir sur scène une compagnie de danse. Si ce n’était pas le cas, quel dommage ; car ce serait comme si vous m’avouiez n’avoir jamais ouvert un roman (…) »

Oups ! Quelqu’un pourrait-il conseiller une œuvre dansante et musicale à la néophyte que je suis ?